Droit
Comparé : Hollande
Droit de la Concurrence - Responsabilité de l'Autorité
de la Concurrence pour ses déclarations dans la presse
Droit
de la Presse - Droit de Réponse
Source : Houthoff Buruma
14 avril 2005
Responsabilité
de l'Authorité de la Concurrence, pour Fait de Presse
Le 1er mars 2005, la Cour d'Appel de La Hague a annulé un jugement
de première instance et a donné raison au Groupe Accell (Groupement
Européen dans le design, la fabrication, et la distribution de bicyclettes,
accessoires de vélos et équipements de sport) dans une
action que le groupe avait intenté contre la Commission hollandaire
de la Concurrence, à raison de son communiqué de presse du 28
novembre 2002.
L'autorité de la concurrence hollandaire avati publié un communiqué
de presse par lequel elle accuasit plusieurs constructeurs de vélo,
incluant le groupe ACCELL, de fixer les prix de vente des vélos et
de partage d'informations concurrentielles, sans qu'il ait été
donné à ACCELL de répondre à ces accusations.
La Cour d'Appel a jugé que le communiqué de presse, ainsi
qu'un paragraphe identique du repport annuel de l'Autorité hollandaise
de la Concurrence pour l'année 2002 étaient erronés
en ce qui concerne Accell et ses filliales. La Cour a considéré
que ces publications conduisaient le lecteur à avoir une impression
erronnée sur la réalité des faits, et présentait
ses accusations comme des faits avérés.
de plus, Accell n'a pas été informé de cette publication,
et n'a pas été en mesure d'y répondre.
La Cour a condamné l'autorité hollandaise de la Concurrence
à payer au Groupe Accell une indemnité dont le montant devra
être fixé à dire d'experts, outre les frais de procédure.
Commentaires :
Le litige intenté
par le Groupe ACCELL relève essentiellement de ce que le droit français
appelle les délits de presse. En droit français, l'action aurait
été essentiellement pénale (exercice d'un droit de réponse,
pour le communiqué de presse, ou délit de diffamation).
L'originalité de l'action
tient au fait que ACCELL ne recherche pas une condamnation pénale,
mais uniquement une indemnisation civile à raison d'un manque d'objectivité
de la publication. Le fait est que cette publication est particulière,
puisqu'elle est investie d'une mission de service publique et qu'elle participe
à l'autorité judiciaire. Ce qui lui imposait un devoir de vérification
de ses propos.
Il s'agit d'une démarche intéressante, et qui pourrait faire
recette dans d'autres droits que le droit hollandais. A suivre, donc.
Cabinet DAHAN, DAHAN-BITTON & DAHAN
Avocats Associés au Barreau de Paris